« Qu’est-ce qu’une fête réussie ? », Enquête sur les facteurs sociaux de régulation des consommations d’alcool

Un article de Christophe Moreau, Christophe Pecqueur et Gilles Droniou (sociologues à Jeudevi) a été publié dans les Cahiers de l’IREB n°20.

Cet article présente les résultats de plusieurs enquêtes sociologiques qui se sont intéressées à des codages sociaux qui encadrent la consommation d’alcool durant les pratiques festives. Après une phase d’enquêtes qualitatives en «soirées étudiantes en appartement », puis sur «le rôle des professionnels des établissements de nuit », quelques hypothèses ont été vérifiées par un questionnaire adressé à un échantillon de 920 personnes.

Les auteurs montrent que les pratiques festives relèvent d’une forte dimension relationnelle, où le groupe lui-même se célèbre et où l’on exerce sa capacité d’être soi-même et de construire des relations aux autres. Même si la fête se traduit par vivre des émotions fortes, elle constitue surtout un cadre de contrôle collectif où les comportements sont contrôlés et les excès amortis. La dimension dionysiaque de la fête, son rôle transgressif, ses dimensions carnavalesques et vertigineuses se rapportent à une partie seulement de l’échantillon, environ 6 à 15%. Même si l’alcool et l’ivresse sont intrinsèquement liés à la fête dans notre société, nous voyons que les gens consomment avec «raison» : ciment du groupe, rencontrer d’autres personnes, la célébration des passages, la diffusion culturelle, la fête permet ici d’être construite, être et devenir soi-même. La capacité de la personne à intégrer la présence d’un autre, réel ou symbolique, dans le cadre de la scène festive semble être le facteur déterminant de la réglementation. Les populations plus à risques sont également plus éloignées des relations à l’autre, d’une identité «positive», et de la participation aux pratiques «cérémonielles» ou « officielles » des événements culturels.

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